Haïti





La nuit du bout du monde, des monts tombés,

Ma colère à  Dieu criée, mes larmes vaines.

D'autres ont couru dégager la pierre au chevet d'Haïti.

Qu'ai-je, moi, donné comme toi, la vie ?

Qu'ai-je souffert pour pleurer dans tes yeux ?

D'un coeur anonyme, juste penser plus près

Tes fraîches blessures désormais gravées

Aux lumières qui chavirent à l'horizon pour ne plus être,

Dans la fange des milliers de rêves déchirés,

La terre d'Haïti où Haïtiennes et Haïtiens marchaient 

Où aller parmi mes morts ?

Que dire des gravats gémissants

Dont paraît de temps en temps une âme nouvelle,

Vivante victoire comme un affront au pire ?

Haïti où voeux de l'an n'ont pu sourire,

En silence nous planterons tes noms tombés,

Aux pieds des stèles ils pousseront tels des fleurs,

Aux tréfonds du coeur nous porterons ton deuil

Pour se souvenir qu'au-delà de la douleur

La vie est plus forte

 

Paul N'Zo Mono

Lyon le 16 janvier 2010